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Joueurs mythiques

Jeudi 6 décembre 2007
Le ballon d'or vient d'être remporté par un grand champuon Brésilien, Kaka, pour ses prouesses de l'année passée. Rappelons nous ses demi-finale de league des champions face à Manchester United. 
Mais cette distinction ne fait que souligner l'absence au palmares de ce trophée de l'un de ses compatriotes. Oublié par cette récompense, qui à son époque ne regardez pas si loin. Le roi Pelé.
Je pourrais ici vous décrire toutes ses plus belles performances, ses gestes fantastiques, son physique hors norme pour l'époque, vous conter son histoire qui commence par des années de réelles pauvretés, où la couleur de sa peau ajoute à son exlusion, pour finir au sommet. Cela prendrait des kilomètres. Mais ici je vais juste publier un  texte de Pierre Louis-Basse qui, je trouve, retranscrit parfaitement le mythe.

"Dans mon souvenir - parfois même dans mes rêves -, il y a 3 moments, 3 visages. Tout d'abord, celui de ce jeune adolescent, âgé de 16 ans, qui fait la moue, comme le Miles Davis des tout premiers coups de trompette, histoire de mettre à deux pas ces jeunes femmes blanches venues se pamer devant la star. A 16 ans, donc, Edson Arantes do Nascimento offre ses crampons au Maracana de Rio. Nous sommes le 7 juillet 1957. Pour tous ceux qui ne sont pas encore nés, l'artiste promet de jouer les prolongations. Comme ces films interdits aux moins de 13 ans et dont nous pensions qu'ils seraient disparus avant que nous soyons en age de les admirer. 7 juillet 1957, le gamin dribble toute la défense argentine et bat Carrizo d'un tir imparable. Pelé vient de débarquer.
L'autre visage est celui d'un coup de tête, été 1970, en finale de Coupe du Monde contre l'Italie. Ma mémoire m'offre un ralenti éternel. Pourtant, Burgnich, le chien de garde, s'accroche, mais Pelé est ailleurs, bien au-dessus de la terre mexicaine, tout à la fois buteur et passeur à la marge, finisseur et clown invisible des surfaces de réparation. A la fin du match, comme on fait une offrande à un dieu, Pelé caresse le cuir car il sait bien qu'un bon joueur se doit de débouler dans son dos : et Carlos Alberto marquera le 4e but.
La dernière image de mon roi m'a fait aimer le blanc, dans la nuit. A Maracana, ce 19 avril 1969, il y a 200.000 spectateurs pas méchants, et qui dansent. Pelé a posé le ballon pour la dernière fois sous les couleurs de Santos. Dans les bidonvilles de la misère, on entendrait une mouche voler. Il a posé le ballon, devant le gardien de but Andrade, qui a peur. Pelé s'avance, s'arrête, puis repart. Le ballon est au fond des filets. On ne sait plus vraiment si c'est la nuit ou la foule si dense qui envahit brutalement notre écran de télévision. Pelé vient de marquer son 1000e but. Alors, le môme des baraques en tôle de Minas Gerais reprend le dessus. Beaucoup plus haut, et à des années lumière de sa nouvelle vie pleine de gloire et de dollars, Pelé ne se refait pas et lâche ces quelques mots, pour l'éternité do coeur : "J'offre ces mille buts aux enfants pauvres du Brésil...""
Pierre--Louis Basse, Football, d'un monde à l'autre.
Par thatahn
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Samedi 17 novembre 2007

blokhine.jpg
Oleg Blokhine est avant tout le symbole de toute une époque. Le dernier produit du "nomenklaturisme".
Son histoire de footballeur professionnel commence en 1969, quand à 17 ans il est titulaire au Dynamo Kiev. Où il y restera jusqu'en 1987.
Au cours des années 70, ses qualités physiques hors normes firent de lui un redoutable attaquant. Rendez vous compte, en cadet, il courrait déjà le 100m en moins de 11s! Vedette absolu en son pays, la finale de la coupe des coupes 1975 le consacrera. Contre le Ferencvaros, club Hongrois, il marquera le premier but et offrira les 2 suivants à Onischenko. Cette même année, France football reconnaitra son talent en lui décernant son célèbre Bollon d'or.
Il est alors alors le héraut du régime.
Mais jouer pour l'URSS ne procure pas que des avantages. Après avoir pleinement profité de son statut, Blokhine veut partir. Nous sommes au début des années 80. Ce sera la déchirure. En effet, à cette époque, on ne quitte pas l'URSS. Surtout pas pour l'ouest. Le Rapid de Vienne ne le verra jamais arriver. Pire, le pouvoir politique décide alors le l'exclure de l'équipe nationale!
Est il perdu pour le plus haut niveau? Non. Car le Dynamo est un grand club. Une nouvelle génération de joueurs extraordinaires arrive. Belanov, Zavarov, Rats, Evtouchenko et consort emmeneront de nouveau Kiev en finale de la coupe des coupes. Le 2 mai 1986 les spectateurs  du stade Gerland de Lyon seront les témoins privilégiés d'un des plus beau match jamais produit par les Ukrainiens. Ils l'emporteront 3-0 face à un Atletico Madrid médusé. L'un des 3 buteurs n'est autre que Oleg Blokhine. Complétement transformé, il n'est plus le sprinter de ses débuts, mais sublime le jeu par son inspiration et son talent. Valeri Lobanovski, son coach, déclarera même : "il aurait dû naitre Brésilien".
En 1987, il quittera finalement le Dynamo pour finir sa carrière au Honved Bucarest.

Mais sa carrière ne se résume pas à ses 2 coupes des coupes, à ses 8 titres de champion d'URSS ou à ses 5 coupes nationales.
Il est aussi le détenteur du record de nombre de sélection nationale. Il aura été aligné 107 fois de 1972 à 1987. Le régime ayant levé son exclusion. Sage décison. Il y marquera 56 buts...

Au delà de ses talents footbalistiques, il aura été l'un des premiers à vouloir partir à l'ouest, après avoir était un symbole du communisme...  
Il est aujourd'hui sélectionneur de l'équipe nationale Ukrainienne.

Oleg Blokhine est de ceux qui font l'Histoire.

Par thatahn
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